Vie et rage au virage

Le 31 octobre 2000 par Olivier

Ma tristesse encore s’en vint
Je tente de la fuir en vain
Même si je roule à 120
Ma solitude, rien ne la vainc.

J’sais bien que tout çà me nuit,
Les sapins défilent dans la nuit.
J’voudrais y tuer mon ennui.
Peut-être bientôt mon bain de minuit,

A la température idéale de 37 degrés.
J’ouvre les vannes contre mon gré
Et laisse couler ma jeunesse dorée
Pour colorer un peu d’un rouge nacré

Les feuilles vertes pleines d’espoir,
A l’opposé des miennes à l’encre noire.
Pour ne plus penser, encore une ‘tite goutte de poire
Et on fonce aveuglément dans le brouillard.

La voiture sera-t-elle remboursée ?
Et ma vie longue d’enfant lassé ?
Pour être homme, une femme devait m’ enlasser !
Pied écrasé sur l’accélérateur, je dévale les lacets.

Un homme, çà pleure pas !
Qu’en est-il dans le trépas ?
J’ai toujours rêvé d’un bon repas,
Un tête à tête amoureux sans appât,

Sauf celui de ma présence
Qui même dans le silence
Aurait dévoilé toute son essence
Et charmé à jamais tous ses sens.

Mais je dîne chaque soir avec mon ombre.
Au menu, des salades et deux concombres.
J’sens bien que partout où j’vais j’encombre,
Alors je prêche tout seul dans la pénombre.

Le prochain festin, j’en serai le roi.
Allongé bien sagement sous une croix,
Mes hôtes sauront apprécier le buffet froid.
Pas de critiques, c’est mon seul droit.

La vie nous laisse espérer
Qu’un jour, on cessera d’errer.
Certains y trouvent leur île de Ré
Mais on finira tous enterré !

A défaut d’être idolâtré
J’aurais aimé être adoré,
Au moins un peu considéré,
Je suis l’intérimaire vertébré !

Mais sous cette enveloppe charnelle
Bat un cœur malade pour elle.
Où est ma femme odeur cannelle ?
Où va ma vie sans flanelle ?

à Aurélie, le 31 oct. 2000

Laissez un commentaire