Archives de la catégorie ‘Mokona’

Cadeau du mimizuku

mercredi 10 mars 1999

Je finis ma vie loin de ce brûlant été.
Les araignées ont vite rangé leurs toiles,
Car je rejoins à présent cette grande cité,
Et on m’a aveuglé d’un épais voile.
Mais si je meurs tristement décapité
Je porte joyeusement ma nouvelle étoile.

Après avoir abrité quelques jolis faons,
Et hébergé quelques douces mésanges,
Me voici au milieu des petits enfants !
Même les petits, encore dans leurs langes
Participent à mon nouvel effet coiffant
Car tous espèrent la venue du nouvel ange.

Pour ne plus trembler sous le froid,
Les hommes m’ont couvert de guirlandes.
Puis pour atténuer mon grand désarroi
Ont remplacé mes vieux fruits par des amandes.
Cette nuit, c’est moi le nouveau roi,
Et l’ Olivier ne regrette plus le pays des landes.

à mon amie Mokona, le 10 mars 1999

Lucarne

vendredi 5 mars 1999

Là-bas, dans ce violent vacarme,
Loin de nos misérables sarcasmes,
De longues machettes à double lames
Ecrivent encore un nouveau drame.
Sur nul cercueil oublié, les larmes,
Ne scelleront le charnier d’entre ces vieux charmes.

Mais tous, ici, entourés par tant de charme,
Jalousement gardés par nos fiers gendarmes,
Avons-nous seulement foi de tirer l’alarme ?
Non. Car nos trop longues rames
Achèvent toujours nos pauvres âmes
Alors que d’autres se noient dans cet océan de lames.

Mais quand ce pouvoir prendront nos dames ?
Que nous puissions enfin abandonner les armes !

à mon amie Mokona, le 5 mars 1999