Archives de la catégorie ‘Divers’

Route de nuit (poème inachevé)

lundi 30 juillet 2007

La nuit déroule son bitume devant moi,
S’écoule et consumme le vent du siamois.
La suie défoule sa plume souvent des mois
foule
S’écroule l’amertume, se rend mon émoi.
Je rêve que je m’enrhume sous une houle déjà posthum !

à la route et ses idées sombres comme la nuit,

juillet 2007

L’arme du Quidam

mercredi 9 octobre 2002

Nul ne charme toutes ces femmes !
Les larmes de pleurs donnent l’alarme,
Les lames plein cœur signent l’infâme.
Nul ne blâme les morts dans l’âme !

à quiconque, le 9 oct. 2002

Lettre du suicidé

jeudi 29 novembre 2001

Il est des maux qu’on ne guérit jamais ou laissent de profondes marques, la vie en est un. Le trop-plein de larmes a noyé mon cerveau et emporte mon âme dans les plus froides abîmes. Je suis si fatigué de mentir, si désabusé de jouer le jeu de l’apparence dans cette hypocrisie générale. Si las de rêver que je sors du cauchemar. Je ne veux plus penser, je ne veux plus croire aux chimères humaines.

Ma curiosité meurt lentement, je ne veux plus voyager. Il n’existe plus de recoins inhabités, m’est insupportable l’idée que j’admire les derniers soubresauts de notre planète agonisante. Pire, je n’éprouve plus la tristesse, je ne suis même plus sûr d’avoir su aimer.

Ce mal de vivre ne guérit pas, tout juste peut-on calmer ses effets mais il faut faire avec. Pour déconnecter mon cerveau, j’aurai pu me laisser glisser dans des folies diverses : alcool, drogue, sexe, consommation. Mais sur ma vie, je ne veux plus réfléchir : devant le miroir, chacun son rôle. Ainsi le fou du roi est devenu mon idole, quel secret lui permet-il d’accepter sa lucidité ? Les vrais clowns sont toujours tristes, j’envie aussi leur force. Heureux les innocents ne prenant pas conscience de la science des cons !

J’ai longtemps haï mon père de ne pas avoir rendue maman heureuse. Mais le vrai bonheur n’existe pas dans ce monde, nous le comprenons tous un jour ou l’autre. Et nous cherchons tous à occulter cette triste vérité dans nos cocons d’amour égoïste. Je vous suis semblable, n’en doutez pas, je suis simplement resté chenille, et bien rares sont les papillons… Innombrables, par contre, sont les cocons brisés, source intarissable de haine douloureuse. Mais moi, je n’ai rien perdu, mon cocon n’existe pas, comment pourrais-je hurler ma douleur ?

L’espoir fait vivre mais je n’en ai plus. La résignation silencieuse a supplanté ma révolte bâillonnée. De paria, je suis devenu misanthrope, le temps des Hommes a trop vite érodé ma foi en lui. Je vous laisse désormais aboyer votre arrogance, votre bêtise me fascinera toujours.

Et quand la fin sera venue, certains dénonceront mon acte de lâcheté. Ils auront raison. Jamais, la vie ne m’a donné ce Grand Amour qui aurait révélé ma bravoure. Et si jamais je me loupe, ne croyez pas m’avoir sauvé, car vous tous, sans le savoir, êtes en péril…

Si Dieu nous a fait à son image, je ne veux pas rejoindre son paradis bondé. J’ai largement eu mon quota d’humains sur Terre. Je n’ai pu exprimer une fois de plus que ma morosité enfouie. Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas grave, vous oublierez vite tout çà dans votre quête perpétuelle de futilité.

Cette missive ne changera pas le monde, non. Puisse-t-elle au moins déculpabiliser ma famille, mes seuls proches. Je suis heureux de quitter l’humanité, enfin libéré de mes 20 dernières années de souffrance solitaire. En amour, point de mensonges ou de secrets inavouables, n’est-ce pas ? Je vous aime vous quatre et toi aussi le sac à puces, bête à chagrin. Vous avez toujours été un frein à mes idées suicidaires. Mais la vie m’a précipité trop vite, nulle famille n’a la force de stopper le monde. J’ai dépassé le point de non-retour, et mon cocon d’enfant s’efface à l’horizon.

Olive, le 29 nov. 2001

Le coffre à jouets

vendredi 19 octobre 2001

Je suis comme un coffre à jouets,
A chaque ouverture, les regards sont enjoués.
Mais je ne m’ouvre plus si souvent,
Et mon âme s’envole peu à peu au vent.

Du moisi sur mes belles entrailles,
Du vernis sur mon bois ; sinon s’écaille !
Mes joujoux cassés accueillant deux toiles,
Mes trésors cachés oubliant leurs voiles.

Le noir grenier comme seul refuge,
Un soir l’arrivée de cette vieille luge :
Ma compagne hélas d’infortune,
Nous rêvons tous de nouvelle lune.

Même l’hiver ne veut plus d’elle.
La neige a retrouvé ses ailes :
Elle fuit les béants trous d’ozone
Pour surprendre les jeunes amazones.

Par deux fois, j’ai dévoilé mon cœur,
Ces fillettes me rappellent la liqueur :
Enivrante dans la séduction,
Déchirante dans la séparation.

La clef que la première m’a laissé,
La seconde ne voulut s’en séparer !
Ses larmes à force de couler,
Inondent mes poupées refoulées.

Les doubles retrouvés à force de fouiller,
Pourront-ils actionner ma serrure rouillée ?
Que restera-t-il à sauver dans ces écueils ?
Rantanplan me voit-il comme un cercueil ?

Qu’importent les doutes et la désolation,
Tant que ma route sinueuse mène à la passion !

à mon enfance perdue, le 19 oct. 2001

Pourquoi s’en Halley ?

mercredi 1 novembre 2000

Je regarde toujours les femmes,
Et personne ne m’en blâme.
Même si Cupidon est infâme,
Il n’éteint pas encore ma flamme.

Ces donzelles ne se doutent de rien,
Mais quelqu’un les admire de loin,
Même s’il n’ose plus devenir terrien,
Il continue d’y penser au moins !

Dans cette galaxie peu aimante,
Où toutes mes étoiles si scintillantes
Voient graviter tant de planètes imposantes,
Je ne fais que passer, je suis filante.

Je suis une comète certes glaciale,
A première vue, rien de spécial.
Mais dans ma longue traîne spatiale
Se cache une magie toute faciale

Celle-ci n’agit que très rarement
Seulement quand une femme, bizarrement,
Freine un peu ma course vers le firmament
Et prend le temps d’écouter sincèrement

Le message universel et intemporel
Que je sème vaillamment en elles.
Un peu de ma lumière irréelle
Suffit alors à raviver malgré le gel

La graine précieuse du sourire,
Qu’elles cachent derrière leurs soupirs.
Alors éclot le temps d’un rire
Cette éclipse infime de désir.

Gravitant crescendo à en périr,
Arrivant tout juste à les étourdir.
Les amants satellites peuvent frémir,
Car ma poésie pourrait toutes les éblouir !

à toutes ces femmes que j’ai aimé, le 1er nov. 2000

Ah ?… Chiche !!

lundi 23 octobre 2000

Baisse la tête, oublie la fête !
Ne crois plus aux 1000 alouettes.
Trouve plutôt ton paquet d’allumettes
Et enflammes vite ta p’tite tête.

Comme çà, c’est pas plus chouette ?
Tu n’entends plus que les mouettes…
Souviens-toi qu’il te reste toujours une barrette,
Et laisse-toi partir dans cette brouette.

Oublie-la bon sang, cette pitchounette !
Oublie surtout son regard noisette
Qui n’a jamais vu tes larmettes,
Elle s’en fout de toi et tes fléchettes.

Tu vois p’tit, Cupidon c’est une lopette,
Raz-le-bol d’bouffer toujours les miettes !
T’as eu raison d’changer d’superettes.
Mais fais gaffe quand même à l’estafette,

Elle mène direct aux Baumettes !
Là-bas, t’es plus qu’une omelette
Bien garnie de champignons blettes
Mais sans herbe follement muette.

à notre génération perdue, le 23 oct. 2000

Ces mots

mercredi 24 février 1999

Gros coup de déprime cette nuit, j’me sens l’âme d’un suicidé…

Je tape tout doucement ses lettres sur ce clavier et mon écran les retranscrit à une vitesse de tortue, de torture devrais-je dire. Mon 300 mhz serait-il en surchauffe ? Ce micro percevrait-il mes états d’âmes au point de me le signaler, comme ça ? Je me sens mal et la solitude n’arrange rien. Tout d’un coup : cette envie de tout laisser tomber, de tout plaquer, de tout abandonner, de tout refuser, de tout enfermer, de tout casser. Ne plus aimer aussi, ça fait trop mal… Qui, ou quoi que ce soit ! Ces images, toutes ces séquences que je n’arrive pas à retranscrire ailleurs que dans les mots… Les mots, cette substance en voie d’extinction mondiale. Remplacés par cet audio-visuel si rapide, si futile, si flamboyant, si impersonnel et pourtant si influent. Les mots, cette matière si malléable, si souple, si facile d’accès. Cette force de l’ombre qui rejaillit sur le NET et qui pourtant n’attire personne, n’intéresse personne, n’aveugle personne !

 


Les mots, ces lettres qui peuvent guérir tant de maux,
Face à ces images qui sonnent tellement faux.
Ses mots qui me rendent un peu plus idiot,
Ne font que trahir ce berceau au milieu des tombeaux.
 

à quiconque. Olive, le 24 fév. 1999