Archives de la catégorie ‘Louisa’

Sage tatouage

samedi 18 avril 1998

Louisa, tu m’imposes un doux clivage,
Mais ce n’est qu’un nouvel esclavage.
Toujours en moi continue le ravage,
Et rien ne l’atténuera, pas même ces lointains rivages.

Espérons que mon amour non volage
Ne plongera jamais le jeune mage
Dans la quête aux milles villages,
Rendant impossible tout arrimage.

En maudissant ton mariage,
De l’ Olivier, je brisais le feuillage.
Je ne savais pas que dans ton sillage,
Naîtrait un nouvel enfantillage.

Dans mon cœur, ce profond forage
Fit jaillir un trop puissant orage.
Et désormais loin de toi, mon mirage,
Mon âme tente de calmer cette rage.

En tournant lentement la page,
J’espère éviter le dérapage.
Et toujours plus haut, dans ces alpages
Rebondir sur ces quelques nuages.

Je conserve dans mon ermitage
Ma poésie, notre seul héritage.
Peut-être, dans la thérapie du partage
Mon âme atteindra un nouvel étage.

Toujours en moi subsiste ton image,
Elle s’est gravée comme un tatouage.

à Louisa, le 18 avril 1998

Prière

jeudi 22 janvier 1998

Dieu, je m’adresse à toi,
C’est bien la première fois.
Louisa, cachée sous son toit,
M’a enfin donné la foi.

Jadis, tu vis le poète rire,
Désormais, tu le vois souffrir,
Bientôt, tu le verras mourir
Que peux-tu encore lui offrir ?

Louisa a coupé ses trop grandes ailes,
Elle ne voulait pas d’un nouvel amant.
Pour une seconde de plus auprès d’elle,
Il aurait volé cent-milles diamants.

Satan est toujours présent, il le sent,
Il ne cesse d’ hanter son cœur.
Peut-être s’il lui donnait son sang,
Oublierait-il enfin sa rancœur.

Oh Dieu, je t’en supplie,
Ecoute la prière d’un pauvre roi.
Maintenant qu’il se noie dans la lie,
Laisse cet hère mourir dans le froid.

à Louisa, le 22 janv. 1998

Orphelins

lundi 17 novembre 1997

Le poète se meurt Louisa,
Et avec lui tous mes souvenirs,
D’un bonheur que rien ne comblera.
Satan savoure déjà sa victoire à venir
Sur l’adulte au regard chagrin et las,
Qui veut maintenant te fuir.

Mes poèmes orphelins dorénavant,
Trouveront-ils autre lectrice ?
Lorsque Satan aura volé mon âme d’enfant,
Qui refermera ma béante cicatrice ?

Qui chassera ta présence dans mon cœur ?
Qui anéantira d’un regard tant de labeur ?
Ton souffle chassait mes terreurs.
Mon âme accumule les erreurs.

à Louisa, le 17 nov. 1997

Départ reporté

mardi 4 novembre 1997

Je n’ai pas eu le courage
De partir vers ces lointains rivages.
Cette plaie mal refermée m’emplit de rage ;
Mickey a fait trop de ravages.

J’aurais pu quitter dignement la scène,
Et continuer de t’aimer honorablement.
Mais Mickey dans sa pauvre haine
A décidé d’accentuer l’éloignement.

Ma solitude d’homme enfant,
Je peux la combler avec Satan.
Il a désormais la primeur de ma poésie,
Puisque vous avez rejeté ma tendre hérésie.

Si ta rupture m’a jeté sur tant d’écueils,
Ta présence m’a fait passer de nombreux seuils.
Cette flamme ravivée dans mon oeil,
Se propage sur ces quelques feuilles.

Le poète de ses larmes bleues,
Remplit l’encrier des amoureux.
Mais il cherche à nouveau sa plume,
Que Louisa a caché sous l’enclume.

Ce troisième poème écrit
Ne poussera aucun cri.
Personne ne m’avait autant affaibli,
Je tombe sûrement dans la folie de l’oubli.

à Louisa, le 4 nov. 1997

Ce téléphone aphone

vendredi 10 octobre 1997

L’huître n’est plus fermée,
Elle est très abîmée,
Elle est perdue à tout jamais,
Elle n’a pas été consommée.
Pourtant sous ses abords grossiers,
Elle cachait une chair veloutée.
Louisa y avait à peine goûté,
Mickael l’a aussitôt jeté.
Il avait peur que son goût salé
Ne révèle une drogue cachée.
Pourtant Louisa a recraché,
Oubliant ce qui s’était passé.

Pauvres hommes, nous sommes,
Si peureux, si envieux.
Quel drame dans ce cri d’alarme,
La mer n’entendra que le vent d’automne.
Comment ont survécu tous ces vieux ?
Je suis trop blessé, je cherche mon arme.

Mon cousin inconnu,
Mort de s’être trop suicidé,
Peut-il à présent m’aider ?
Louisa, nous nous sommes perdus.

Si seulement, tu me l’avais dit en face,
Tu aurais hésité à briser la glace.
Tu as enterré nos émotions,
Je hais ta nouvelle chanson.
Mickael peut t’offrir des millions de perles,
Il ne retrouvera jamais celle au goût de sel,
Que par mégarde ou fausse méchanceté,
Tu as été obligé de recracher.

à Louisa, le 10 oct. 1997

Destins

mercredi 8 octobre 1997

Louisa, encore une fois excuses-moi.
Tu m’as demandé pour aujourd’hui,
D’apporter un peu plus de joie,
De cacher ma trop grande jalousie.
Rassures-toi, je garde mon sang froid,
Mais je ne peux jouer cette hypocrisie.
Vous tous réunis autour de Louisa,
Pardonnez ma folie, mon hérésie.

Tu me demandais souvent à quoi je pense,
Je me taisais redoutant ta sentence.
Si je dois nous briser le cœur,
Alors je le fais maintenant et sans peur.

Louisa, tel est ton prénom,
Tu viens à peine de changer de nom.
J’ai du mal à accepter ce nouveau son,
Comment suis-je devenu aussi con ?

Mon imagination a bercé toute ma vie,
Mon cœur ne donnant jamais son avis.
Celui-ci désormais à terre
Ne veut plus jamais se taire.

Je rêvais tout éveillé sous ces pommiers.
C’était une trêve ensoleillée sur ce damier,
Où une reine mettait en échec de sa patte
Un roi qui ne veut toujours pas être mat.

Laissez-moi vous narrer cette fable,
Mes aveux de tant de péchés commis.
Parmi nous ce soir se cache le diable,
Rassurez-vous, il est venu en ami.
Ne le cherchez pas sous la table,
Ni dans ce pain plein de mie,
Car il est en moi, indiscernable,
Il veille à moitié endormi.
Il vous semblera peu formidable,
Pourtant à Louisa il s’est soumis.

Découvrez pour la première fois son amour,
Profitez pour la dernière fois de sa présence,
Car il part dans quelques jours
Sur les routes sinueuses de France.
Puisque son voyage est sans retour,
Sachez savourer cette unique chance.

Mickael, prête attention à mes conseils.
Louisa t’a choisi en confiance,
Protège-la vaillamment sous tes ailes,
Berce-la toujours dans la romance.
Ne t’avise jamais de porter la main sur elle,
Ne lui fais aucune offense.
Aime-la, chéris-la, réchauffe-la tel le soleil,
Que ta semence lui offre descendance.
Je l’aime mais te laisse la vie belle.
Sachez profiter de votre chance.

Ces conseils sont mes commandements,
Applique-les toujours sereinement.
Si ta conduite devait changer brusquement,
La mort punira ton brutal revirement.
J’en fais ici le serment,
Car j’ai parlé avec Satan.
Il attend que je signe par l’un de nos sangs,
Son pacte de mort terrifiant.

Je vous le décris brièvement.
Satan m’a dit :
« Un jour tu te perdras
Dans le grand canyon aux deux falaises.
Quand la solitude t’aura conduit
Sur l’un de ses hauts rebords,
Coté suicide ou homicide,
Alors trébuche, n’aie pas peur.
Ta chute ne sera pas veine,
En bas j’échangerai ton âme d’enfant
Contre ta présence invisible auprès de Louisa. »

Je suis désolé, ses paroles ne riment pas,
Mais Satan n’a pas encore réussi
A escroquer dans le trépas
L’âme d’un poète abasourdi.
Espérez et priez avec moi
Qu’il n’y parvienne jamais ici.

Je renie maintenant le père et son paradis,
Car je refuse une éternité solitaire.
Je préfère veiller Louisa jusqu’à la fin de sa vie,
Quitte, après, à brûler en enfer.

Je garde ta bible avec émoi,
Dieu Jéhovah viendra peut-être à moi.
Je te redonne tous mes poèmes
Où j’écrivais combien je t’aime.
Un couple ne survit pas dans le mensonge,
Raconte à Mickey tous mes songes.
Notre relation fut brève,
J’ai grand besoin de trêve.

Des images persistent dans mon cerveau,
Elles occultent mon reflet dans ce miroir,
L’homme n’arrive plus à paraître beau.
Je t’attends seul dans ce grand noir,
J’ai déjà pris pied dans mon tombeau.
Car mon regard perd son espoir.

Mais l’instant n’est pas encore tragique,
Il le sera peut-être dans quelques mois.
Si le temps et son érosion cyclique
N’agissent pas sur moi,
Alors la mèche consumée trop vite
Allumera dans le trop froid
Le bâton de dynamite.

Seule une autre femme,
Combative et sûre de son choix,
Pourra éteindre ma flamme.
Priez pour qu’elle s’attache à moi.

[…] (confidentiel)

Louisa, je t’ai fait du mal,
Louisa, j’ai trop pensé à moi.
Louisa, nous ne sommes pas banals.
Louisa, encore une fois excuse-moi.

Maintenant que la salle est bouche-bée,
Je vous en prie, applaudissez,
J’ai besoin de me sentir aimé,
Sinon je quitte maintenant ce dîner.

à Louisa, le 8 oct. 1997

Le cri

vendredi 3 octobre 1997

Louisa, je ne sais quoi te dire,
Le silence est parfois moins pire.
Le regard de tous ces cloportes,
Il faut que je le supporte.

Chaque soir sur la route,
Je tue une fois de plus ma déroute.
Ma personnalité en hibernation
Entre maintenant en action.

Mais celle-ci n’est pas la bienvenue,
J’ai peur de cette inconnue.
Je la redoute mais la respecte,
Sans doute m’écrasera-t-elle comme un insecte.

Tout est confus à présent,
Je ne veux devenir médisant,
Mais mon amour, je le sais désormais
Est cruel car je voudrais t’enfermer.

Ce calme dont j’étais si fier,
Presque issu de l’âge de pierre,
Me fait maintenant froid dans le dos.
Cette mer où baignent tous ces badauds,

Si longtemps adulée par les pêcheurs,
Peut-elle trop s’agiter de terreur ?
Comme toutes les sangsues,
Je cherche en vain mon issue.

Je fais souffrir beaucoup trop vite,
Je ne suis qu’un parasite.
Ma lucidité va te faire bondir
C’est pourquoi je dois partir.

Ma folie encore latente
Se calmera sous la tente.
Et si celle-ci s’empare de moi,
Malgré ton absence de plusieurs mois,

Alors prie pour mon âme une dernière fois,
Car Dieu ne m’a pas donné la foi.
L’ultime voyage sans retour
Achèvera mes souffrances en bas d’une tour.

à Louisa, le 3 oct. 1997

Vive la bohème

mardi 23 septembre 1997

Tu me réclamais hier un poème,
Faut-il te répéter combien je t’aime ?
En ce moment, ma poésie
Reflète seulement mon hérésie.

Rester et laisser une présence froide,
Ou s’évader dans la débandade.
L’incompréhension générale
M’est déjà trop banale.

Quand le chat est en transe,
Mickey et sa souris dansent.
Partir pour mieux écrire,
Fuir pour ne plus souffrir.

La survie est dans l’espérance,
La thérapie est dans la distance.
Je ne veux plus me raser,
Je ne recevrai plus de baiser.

Voyager autour du monde,
Pour chercher les bonnes ondes ?
Ou enrubanner la planète,
Et te prouver que je suis honnête ?

Enfin te laisser un manuscrit en héritage,
Mémoires et réflexions de mon ermitage.
Lui seul bercera ma solitude,
Toi seule comprendras ma béatitude.

Un premier jour, je te découvrais.
Un dernier jour, je te quitterai.
Mais à jamais je t’aimerai.
Je l’ai juré, c’est bien vrai !

à Louisa, le 23 sept. 1997

Postscriptum :

J’ai découvert une nouvelle fleur,
Poussée récemment dans mon cœur.
Elle est parfumée comme la rose,
Ses épines m’ont rendu morose.

Dis…Euh

mardi 16 septembre 1997

Si Jésus persécuté par les Romains,
Fils de Dieu a pu tant surmonter.
Alors Olivier persuadé de son destin,
Fils de Satan pourra-t-il aussi aimer ?

Oh Dieu, grand créateur,
Adulé par tant d’hommes,
Découvriras-tu avec stupeur,
La tristesse de tes mômes ?

Le temps est venu pour toi,
De répéter tes commandements.
Tes enfants devenus rois,
Font couler trop de sang.

Tes créatures ont depuis,
Rajouté quelques alinéas à tes préceptes.
Ton monde qui fuit,
Ne sait plus que faire la fête.

Maintenant, Yahvé et ses témoins,
N’attendant que ta colère,
Ont tout préparé du moins,
Pour accueillir cette nouvelle ère.

Implorant pour la paix d’une âme,
Le fils de Satan s’adresse enfin à toi.
Dans mon ventre cette lame,
Signera mon retour à la foi.
Après tant de péchés, un seul blâme :
Devenir l’ange gardien de Louisa.

à Louisa, le 16 sept. 1997

L’amour n’attend pas

mardi 16 septembre 1997

Une plante toujours épineuse,
A chaque pleine lune de minuit,
Ouvrait sa corolle sans bruit,
Attendant une belle butineuse.

La fleur sous ses aspects difficiles,
Cachait le jour son précieux pollen,
De peur d’être pillée par une guêpe vilaine.
Celui-ci était réservé à une abeille des îles.

Plusieurs saisons passèrent,
Sans un seul bourdonnement.
Puis par une nuit claire comme un diamant,
Des centaines de frelons affolés la frôlèrent.

Ne pouvant plus attendre,
Un feu de forêt s’approchant.
La fleur lâcha son nectar quasi brûlant,
Ne laissant d’elle que ses cendres.

L’ultime semence au dessus des braises,
Par son odeur envoûtante,
Dans le vent de la tourmente,
Attira finalement une abeille portugaise.

à Louisa, le 16 sept. 1997

Le grand souffle

mardi 16 septembre 1997

L’avion vient juste de décoller,
Le pilote, un certain Mickey,
Dirige sereinement ses ailes,
Bien au delà du 7ème ciel.

Le vol était réservé aux amoureux,
Je ne fais pas partie de ces heureux.
Mais j’avais vu cette belle hôtesse,
Je lui proposai dans l’allégresse :

« -Oh Louisa, veux-tu de moi ?
-Désolé monsieur, j’ai déjà fait mon choix.
Vous ne respectez pas le règlement,
Veuillez descendre immédiatement. »

Et d’elle ouvrant la porte arrière,
Me jette aussitôt dans les airs.
Les figures que j’exécute,
Me font oublier la chute.

Je plane, quelle sensation…
Mais je dois faire attention.
Dieu ne m’accordera aucun rebond,
Sur ses nuages de coton…

à Louisa, le 16 sept. 1997

Amour secret

dimanche 14 septembre 1997

Louisa, tu dois me croire,
Je ne peux mentir à ma seule amie.
Je sais que tous mes poèmes noirs,
Te posent bien des soucis.

J’ai de nombreuses qualités,
Dont celle de savoir attendre.
Et jamais dans ma douleur trop excitée,
Je ne tenterai de me prendre.

Je ne veux blesser personne,
Et surtout pas toi Louisa,
Par une mort égoïste d’automne.
Je lui préfère mon désarroi.

Alors maintenant, que faire d’autre ?
Je tente bien de t’oublier,
Mais je ne pense à rien d’autre.
Je rends mon tablier.

Je n’envisage plus que deux solutions.
La première serait dans l’adultère,
Mais je sens que tu aimes trop ton Apollon.
Ne reste plus qu’une longue amitié sincère.

Celle-ci sera peut-être embarrassante,
Mais solide et toujours constante.
Je t’ai réservé mon cœur,
Je t’en prie, fais lui honneur.

à Louisa, le 14 sept. 1997

Cette prison ouverte

dimanche 14 septembre 1997

Sur le chemin de ma vie, à chaque carrefour,
Le destin m’a envoyé ses guides.
Mais hélas depuis quelques jours,
Je me perds dans un labyrinthe sordide.

J’étais intrigué qu’il ne soit pas indiqué,
Mais fasciné comme tous les artistes,
Et ne trouvant pas çà compliqué,
J’entamais les joies du hors-piste.

Au fil de mes expériences et découvertes,
Je devenais excellent navigateur.
Auparavant foulant les plaines d’herbe verte,
Je sautais les ravins, défiant la pesanteur.

J’ouvrais enfin les portes du bâtiment,
Et m’engouffrais sans retenue.
A peine entré, au sol une dalle de ciment,
Se dérobait et me plongeait dans l’inconnu.

Dans ma chute, je sentais une odeur,
Apaisante et chaude comme la braise.
La réception se fit dans la douleur,
J’avais atterri dans une fournaise.

D’une porte cachée entrait une belle inconnue,
De suite mon cœur battit la chamade.
J’exposai sans prendre garde mon âme à nu,
C’était l’heure de la première brimade.

Elle m’apprit que je n’étais pas le premier,
Qu’un autre homme était tombé ici bas.
Lui aussi subjugué se mit à la prier
Si longtemps que finalement elle l’épousa.

Mon âme estropiée voulait l’oublier,
Elle, compatissante, tentait de m’aider.
Mais mon cœur lui était à jamais lié,
Il était inutile de s’évader.

à Louisa, le 14 sept. 1997

A E I O U Y

jeudi 11 septembre 1997

Aujourd’hui, un poème triste, çà change pas…
Dis-moi si tu m’aimes un peu Louisa.
Car des larmes viennent à mes yeux,
Chaque soir en exprimant mon vœu
Faut-il te l’exprimer ici ?
Je ne suis même pas encore ton ami.
Tu me lis… C’est déjà trop beau,
Mais cesses de répéter ces mots :
« La vie vaut la peine d’être vécue,
Tu trouveras bien une fille dans la rue. »
Expédies-moi plutôt chez les Grecs,
Ou invites-moi en discothèque.

Mesures-tu la sincérité de ce bla-bla ?
Peu de chose séparent ma vie du trépas.
Mais j’essaierai de mourir vieux,
Car ce que j’écris t’émeut…
Que faire de ma trop longue vie ?
Mon seul répit est-il dans la poésie ?
A cet instant, je me sens idiot,
Je voudrais périr dans un tombeau.
J’y exposerai mon âme à nu,
Et toi, en oubliant m’avoir connu…
Tu rangerais ton mouchoir désormais sec,
Prés de mes poèmes dans la bibliothèque.

à Louisa, le 11 sept. 1997

Portugaise de braise

jeudi 11 septembre 1997

Bien avant l’hier, je croyais l’amour facile,
Que la solitude punissait les imbéciles.
Aujourd’hui, ma vie d’habitude si docile,
M’oblige à froncer les sourcils.

Depuis longtemps, un trône est réservé,
Dans un lieu magique et très privé.
Une femme déesse y aurait été élevée,
Mais j’attends encore son arrivée.

Si demain, perdues dans quelques villes,
De jeunes princesses parfumées de vanille
Implorant ce siège me placent en asile,
Devrais-je encore fuir à Manille ?

Ma jalousie sans cesse ravivée,
Ne peut être à tout jamais entravée.
Prions Dieu qu’il puisse enfin achever
Mes envies de suicide enfin avouées.

à Louisa, le 11 sept. 1997

Mona Louisa

mercredi 10 septembre 1997

Je n’ose te le dire, j’ai trop envie,
J’aimerai deux photos après la cueillette.
L’une de toi modèle réduit,
Toujours près de mon cœur dans sa pochette.
L’autre de ton mari agrandie,
Une belle cible pour mes fléchettes.
Je t’en supplie, dis oui
En récompense de ces quelques lettres.
Jamais auparavant, je n’ai tant écrit,
L’amour fait resurgir mon âme de poète.
Mais même si souvent, grâce à moi tu souris,
Je ne peux cacher ma mine tristounette.

Nul besoin de maquillage,
Ton sourire dépasse tous les truquages.
Mon rêve incarné dans ton image,
Se reflétera quelque soit ton âge.
Et si, au crépuscule de ta vie sage,
Un jour tu rencontres un vieux mage,
Prêtes attention à son message.
Peut-être de son ermitage,
Te remettra-t-il cette photo d’un autre âge,
Issue d’un récent héritage
D’un globe-trotter de passage,
Qui voulut, seul, tourner la page.
Eh oui, la poésie est finie, c’est dommage,
Je dois préparer mes bagages…

à Louisa, le 10 sept. 1997

Définition de mon amour

mardi 9 septembre 1997

A chaque instant où je te vois,
J’apprécie l’instant présent,
Pour mieux m’en souvenir avec émoi,
Lorsque les jours seront plus pesants.
Même si ta flamme brûle pour un autre,
Ne jamais l’éteindre de mes larmes.
Rassurant comme l’apôtre,
Toujours présent à la moindre alarme.

Si ton mari n’est plus romantique,
Qu’il est distant, froid et cynique.
De te suggérer la vieille Rome antique,
Avec celui de nous que tu juges plus héroïque.

Si à l’aéroport, le baiser d’au-revoir,
Laisse ses traces rouges sur ma joue,
Fébrilement, je t’embrasse encore ce soir.
Et avant de devenir fou,
Je tue encore ma mémoire,
Puis je fuis vers cet endroit perdu où…

à Louisa, le 9 sept. 1997

Feu amoureux

mardi 9 septembre 1997

Solitaire abandonné, je cherche ton cœur
Salutaire qui saura apaiser mes peurs.
Ravageurs, tes yeux m’oublient ;
Voyageur, je te poursuis.
Pour un instant, mon esprit revit ;
Ce n’était qu’une lueur, j’étais ébloui.

Quand ta flamme s’envolera tourbillonnant,
Rejoindre enfin mon brasier mourant ;
Laisse alors tes étincelles brûlantes
Raviver en moi une âme haletante.

Oh, toi, reine de mon cœur,
Inonde moi de bonheur.

à Louisa, le 9 sept. 1997

Pauvre récolte

mardi 9 septembre 1997

Sous mon ciré bien étanche,
Je ne crains pas d’être mouillé,
Même si l’eau ruisselle sur mes hanches.
Que ces arbres sont mal taillés,
Je ne vois pas à travers les branches,
Celle que le destin m’a envoyé.

A terre, le feuillage chef éclairagiste,
Habille subtilement d’ombres et lumières,
Ses longs cheveux si tristes.
En haut de l’échelle, dans ce bleu couleur mer,
Telle une danseuse sur sa piste,
Cette vision de toi me laisse un goût amer.

Au commencement, Adam et Ève,
Sous les yeux d’un serpent pas si naïf,
Croquèrent la pomme d’amour.
Pour ma part, pas de trêves,
Je les mange toutes à vif,
Car j’attends ce reptile depuis toujours.

Miracle, j’entends siffler, serait-ce lui ?
Damnation, quelle poire je suis; c’est midi.

à Louisa, le 9 sept. 1997

Tristesse d’un homme seul

lundi 8 septembre 1997

Partout autour, des couples se fondent,
Le bonheur est bien visible.
Tant à la télé que sur les ondes,
La Saint-Valentin laisse fébrile.
Les flèches de Cupidon abondent,
Mais je ne suis plus une cible.

Seul avec mes espoirs toujours déçus,
Je tente de fuir la solitude.
Mais cela ne suffit plus,
Il me faut retrouver la plénitude.
L’amour véritable ne m’a pas attendu,
Il plane là-haut, en altitude.

Lassé de ne plus rien espérer,
Je me dirige vers ces hauteurs.
Sautant alors pour le récupérer,
Je le manque avec stupeur.
Ma chute a fait pleurer,
Je le regrette avec bonheur.
Mon coeur n’a pu être foudroyé,
Même par le défibrilateur.

à Louisa, le 8 sept. 1997

Espoir déchu ?

lundi 8 septembre 1997

Une vie de trop d’années encore,
Ne vaut rien remplie de jours noirs.
L’histoire de la vie semble entretenir,
Depuis des millénaires, toujours plus fort,
En chacun de nous le faible espoir,
De voir l’amour naître et grandir.

Le ciel toujours aussi serein,
Envoie ses anges bienfaiteurs
Sur toutes les générations.
Mais depuis longtemps mes yeux éteints,
A la recherche de l’âme sœur,
Scrutent inlassablement l’horizon des passions.

Le désert m’entoure à présent.
La foudre s’abat souvent sur les arbres,
Je recherche l’oasis aux cent palmiers.
Soudain je l’aperçois droit devant,
J’y cours, je veux fuir ces dunes macabres.
Je ne dois pas être le premier.

Des sables toujours mouvants,
Surgissent quelques crânes.
L’oubli suffit pour ces malchanceux.
Personne ne viendra pleurant,
Prier pour la paix de leurs âmes.
Nul besoin de tombes pour eux.

Mais que se passe-t-il subitement ?
Je perds mon objectif de vue.
Le désert m’abuse avec ses mirages.
Le diable y joue sataniquement.
Il me l’a bien dit, c’est connu :
Le ciel ici ne s’éclaircit jamais de nuages.

à Louisa, le 8 septembre 1997